20 octobre 2018

Sept sur sept pour les Aigles sur leur glace. Ils ont décollé grâce à un joueur de devoir devenu double buteur le temps d’un soir

 

Le hockey est ainsi fait qu’il permet d’écrire de belles histoires. Vendredi soir, le héros avait pour nom John Fritsche. Chassé des Vernets par la petite porte le 31 janvier 2014 – lors de l’échange rocambolesque avec Fribourg (Löffel avait rejoint Genève contre Jeremy Kamerzin et John Fritsche) – l’Américain à licence suisse est revenu cet été par la fenêtre. Sans club, Fritsche s’est préparé au bout du lac. Chris McSorley l’a alors mis sous contrat avec dans l’idée de le placer au HC Sierre. Affamé, affûté, cet attaquant énergique s’est finalement taillé une place au sein du 4e bloc offensif.

 

Vendredi soir, dans un match qui n’a pas atteint des sommets – quel déchet en supériorité numérique – la solution a jailli de ces lignes qui sont avant tout sur la glace pour faire déjouer l’adversaire, plus que pour s’illustrer par leurs arabesques. C’est pourtant bien un petit miracle qui s’est produit pour permettre à Ge/Servette de s’imposer pour la 7e fois en autant de rencontres dans sa forteresse.

 

Fritsche a débloqué son compteur et le match à la conclusion d’un superbe mouvement initié par ses compères de ligne Floran Douay (par ailleurs excellent et récompensé par son 1er but de la saison en fin de partie) et Eliot Berthon. Son deuxième but mariait soudaineté, précision et réussite (quel tir dans la lucarne de Gilles Senn!). En un peu plus de deux périodes, Fritsche a donc marqué autant de buts que lors de toute sa dernière saison à Fribourg.

 

Autant dire qu’avec une telle réussite, Ge/Servette n’avait pas le droit de laisser filer ne serait-ce qu’un point contre ce bien faible Davos. Après la réduction du score de Dario Meyer, alors qu’une certaine crispation aurait pu gagner les rangs des Aigles, c’est cette fois le 3e trio offensif qui a tué tout suspense. Là aussi, le mouvement crée par Kevin Romy et Tim Bozon a trouvé preneur à la conclusion (Tim Kast). C’était le soir des héros inattendus et des belles histoires.

 

Coupe de Suisse: à Zoug pour briser la malédiction (par Virgulator)

 

Le jeune Noah Rod, qui pointait alors à peine son petit bec avec les Aigles, se trouvait déjà sur la glace de la Bossard Arena lors de la dernière victoire de Ge/Servette à Zoug. C’était il y a quasi quatre ans, le 30 novembre 2014, et l’attaquant genevois n’accusait que 18 printemps…

 

«Preuve qu’il est possible de gagner là-bas», sourit le capitaine des Grenat. Reste que depuis bientôt quatre saisons, les Grenat n’ont connu que des désillusions (neuf revers de suite) dans cette patinoire. «J’ignore pourquoi on n’y arrive pas, il n’y a pas trop d’explications, si ce n’est que c’est une belle équipe et une jolie patinoire. Peut-être qu’à force de parler de cette statistique, on fait un petit blocage.» Comme ce fut longtemps le cas quand Ge/Servette se rendait à Kloten (douze revers de suite). Cela fait partie de la loi des séries, souvent inexplicable.

 

Le tirage au sort de la Coupe de Suisse a peut-être bien fait les choses. En allant défier la jeune formation de Zoug Academy, dimanche après-midi à la Bossard Arena (15 h 45), Ge/Servette a l’occasion de briser, enfin, cette malédiction face à une équipe de Swiss League. «C’est ce qu’on s’est tous dit dans le vestiaire: c’est l’occasion de s’imposer là-bas», renchérit le capitaine des Genevois, qui assure toutefois que lui et ses coéquipiers ne prendront pas l’adversaire à la légère. Pour cela, les Aigles, qui n’ont plus battu les Zougois depuis le 4 janvier 2017 (c’était en Coupe), devraient aligner leurs meilleurs éléments sur la glace.